Je repense souvent à cette photo qu’elle a postée sur Instagram. Juste quelques mots : « Il y a quinze ans déjà… ». Michèle Bernier, cette comédienne et humoriste que nous admirons tous, rendait hommage à son père disparu. Le Professeur Choron, cofondateur de Charlie Hebdo, nous a quittés il y a maintenant 20 ans. Ces messages publics, chargés d’émotion, révèlent une blessure jamais vraiment refermée. Je voulais revenir sur cette relation père-fille si marquante, sur ce décès douloureux qui a bouleversé sa vie, et sur ces hommages touchants qu’elle lui rend fidèlement au fil des années.
Une fille du Professeur Choron, entre héritage et difficultés d’enfance
Georges Bernier, surnommé le Professeur Choron, était un anarchiste de première catégorie. Cofondateur d’Hara-Kiri et de Charlie Hebdo, cet homme sans concession a multiplié les procès et subi les interdictions de ses journaux satiriques. Chaque censure représentait un enfer pour lui, mais il se sentait libre dans cette création subversive.
Pour Michèle Bernier, grandir avec un tel père n’a pas toujours été simple. Enfant, elle se sentait parfois comme la fille du diable. Certaines camarades ne pouvaient pas venir chez elle parce que leurs parents imaginaient des choses folles : des femmes nues dans les escaliers, des gros mots partout sur les murs. Cette perception extérieure contrastait avec la réalité familiale où Odile Vaudelle, sa mère, travaillait aux côtés de son mari dans les magazines satiriques.
Ses parents lui ont transmis une éducation sans interdits. Ils l’emmenaient en boîte dès six ans, aux fêtes qu’ils organisaient. Des parents souvent absents, occupés à vendre leurs journaux dans la rue et à trouver de l’argent, mais elle ne se sentait pas abandonnée car elle comprenait leur engagement.
Le couple parental n’était pas marié. La loi française stipulait que celui qui déclarait l’enfant détenait seul l’autorité parentale. Durant dix ans, Michèle a porté le nom de sa mère avant d’être reconnue par son père en 1972 et de prendre le nom de Bernier. Son père lui répétait souvent qu’il n’y a aucun humour dans aucune dictature, un héritage intellectuel qui a façonné sa vision du monde et son métier d’humoriste.
Le décès du Professeur Choron en 2005 et ses conséquences dramatiques
Le 10 janvier 2005, Georges Bernier nous quittait à l’âge de 75 ans. Pour Michèle Bernier, ce fut un choc psychologique terrible. Ses cordes vocales se sont paralysées au point qu’elle ne parvenait plus à parler. Une psychologue hospitalière lui a expliqué qu’elle vivait deux deuils simultanément : celui de son père et celui de sa mère, qu’elle n’avait jamais vraiment accompli.
Car Odile Vaudelle s’était suicidée brutalement le 21 juin 1985, sans laisser la moindre explication. Michèle n’avait alors que 28 ou 29 ans. Cette blessure ne s’est jamais refermée, devenant presque un sujet tabou lors des interviews. Les questions autour de la mort choisie restent toujours aussi douloureuses à aborder.
Dans l’émission Une Ambition intime en 2018, elle s’est confiée émue aux larmes. Elle pense que sa mère a mis fin à ses jours pour des raisons financières, le couple ayant des problèmes d’argent. Elle voudrait croire que sa mère ne voulait pas vraiment mourir, que c’était peut-être un appel au secours qui est allé plus loin que prévu.
Après le décès de son père, Michèle Bernier est tombée en dépression. Elle a mis du temps à consulter, pensant que la psychothérapie était réservée aux gens très riches ou aux intellectuels. Sur les conseils d’une amie, elle a franchi le cap et est restée quatre ans sur le divan d’une psychologue exceptionnelle. Cette expérience lui a fait un bien absolu et l’a aidée à entreprendre enfin le deuil de ses deux parents.
Les hommages touchants rendus au Professeur Choron au fil des années
Michèle Bernier rend fidèlement hommage à son père disparu sur les réseaux sociaux. Le 10 janvier 2020, pour les 15 ans de sa mort, elle a publié une photo touchante sur Instagram avec la légende simple et poignante : « Il y a quinze ans déjà… ». Le 21 septembre, jour d’anniversaire de son père, elle a partagé un nouveau message : « Ce serait son anniversaire aujourd’hui… »
En 2025, cela fait 20 ans que le Professeur Choron nous a quittés. L’actrice reconnaît que son père l’a plus qu’encouragée dans sa carrière. Il lui a transmis cette passion de l’humour et de la liberté qui caractérise aujourd’hui son travail à la télévision, au cinéma et sur scène.
Voici ce que Michèle a hérité de ses parents :
- Une curiosité intellectuelle insatiable et un esprit critique affûté
- La conviction que l’humour est un rempart contre toutes les formes d’oppression
- Le courage de rester libre malgré les jugements extérieurs
Anecdote douloureuse : elle a dû refuser l’héritage de son père à cause de trop de dettes. Cette situation témoigne des difficultés financières du Professeur Choron, qui a consacré sa vie à ses journaux au détriment de sa situation matérielle.
Michèle Bernier a transformé les drames de sa vie en force créatrice. Sa devise résume parfaitement cette philosophie : « Quitte à être triste, autant avoir l’air gai ». Aujourd’hui star de La Stagiaire sur France 3, grand-mère comblée de Zoé et Roméo (les petits-enfants de Charlotte et Enzo Gaccio ses enfants), elle continue à 69 ans à faire rire le public avec la même énergie.
Voici les moments marquants de sa vie personnelle :
- Sa séparation avec Bruno Gaccio, son ex-compagnon et père de ses enfants, en 1997
- La dépression qui a suivi le décès de son père en 2005
- Sa reconstruction grâce à la psychothérapie et le soutien de ses proches
- Son célibat assumé aujourd’hui, même si elle croit encore en l’amour
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