Portrait d'un homme d'âge mûr en costume et cravate

Edwy Plenel : salaire, affaires et fortune du journaliste français

Je vais vous parler d’Edwy Plenel, ce journaliste au parcours attirant qui a cofondé Mediapart et qui, depuis des décennies, fait autant parler de lui pour ses investigations que pour ses affaires personnelles. Sa situation financière intrigue particulièrement depuis la transformation du capital de Mediapart en 2019, une opération qui a rapporté gros à ses actionnaires historiques. Entre salaires déclarés, plus-values considérables et scandales médiatiques, je vous propose de décortiquer la fortune et les revenus de cette figure emblématique du journalisme français.

Les revenus et le patrimoine du fondateur de Mediapart

Lors d’une apparition sur LCI dans l’émission Médiasphère, Edwy Plenel a spontanément dévoilé ses revenus avec une transparence rare dans le milieu médiatique. Son salaire brut mensuel s’élevait à 7400 euros, soit 5700 euros net. Mais attention, cette somme ne représentait pas son budget réel disponible : il remboursait 3900 euros d’emprunt chaque mois jusqu’à fin 2017, ne lui laissant que 1800 euros mensuels pour vivre. Une situation financière qui peut surprendre pour le directeur d’un média influent.

Le journaliste a également détaillé la grille salariale de Mediapart, structurée selon un coefficient de 1 à 4. Son propre salaire se situait légèrement en dessous du coefficient 4, témoignant d’une certaine modération salariale au sommet de l’organigramme. Cette transparence contraste avec les pratiques habituelles dans le monde des médias traditionnels.

Son parcours financier commence réellement en 2005, lorsqu’il quitte Le Monde avec un chèque conséquent de 450 000 euros d’indemnités. Ces sommes ont été obtenues après qu’il ait menacé de publier les salaires du comité de direction, selon ses propres aveux. Une partie de cet argent financera ensuite son aventure entrepreneuriale.

  • Un apport initial de 557 000 euros lors de la création de Mediapart en 2008
  • Un financement mixte combinant indemnités du Monde et emprunt personnel
  • Un remboursement échelonné sur dix années
  • Une mise de départ qui se multipliera par plus de 5 en onze ans

Les estimations de fortune varient considérablement selon les sources consultées. Certaines évoquent un patrimoine de 3 millions de dollars en 2025, tandis que d’autres rumeurs, largement démenties, avancent des chiffres farfelus incluant des restaurants parisiens et des lignes de vêtements imaginaires. Mediapart affiche aujourd’hui des résultats impressionnants : 210 000 abonnés, plus de 13 millions d’euros de chiffre d’affaires et près de 2 millions de bénéfices annuels. Le modèle économique unique repose exclusivement sur les abonnements, sans aucune recette publicitaire.

L’opération financière controversée de 2019

En 2019, Mediapart effectue une transformation capitale de sa structure actionnariale. Le capital du journal est transféré vers le Fonds pour une presse libre, une structure non lucrative créée via la Société pour la protection de l’indépendance de Mediapart. Cette opération valorise l’ensemble du média à 16,3 millions d’euros, selon l’expertise de deux cabinets indépendants.

Pour financer cette restructuration ambitieuse, Mediapart puise 4,4 millions d’euros dans ses réserves accumulées et contracte un emprunt de 5,5 millions d’euros auprès du Crédit coopératif. Le remboursement intégral de cet emprunt est annoncé en mars 2023, en parallèle de la publication d’un bénéfice de 2,6 millions d’euros pour l’année 2022. Une performance financière qui témoigne de la solidité du modèle économique.

Le cas d’Edwy Plenel mérite une attention particulière dans cette opération. Sa participation de 17% dans Mediapart valait désormais 2,9 millions d’euros, soit plus de cinq fois sa mise initiale de 557 000 euros. Cette plus-value substantielle illustre la réussite économique du média d’investigation.

  1. Première tranche : 1 663 492 euros versés en janvier 2020
  2. Après impôts : 1 million d’euros net perçus
  3. Crédit vendeur : 1 250 790 euros perçus ultérieurement
  4. Total encaissé : 2,9 millions d’euros au final

Cette opération soulève des questions d’équité lorsqu’on la compare avec d’autres actionnaires. Jean-Louis Bouchard, patron d’Écofinance et actionnaire à hauteur de 6,32%, a fait don de sa part d’1 million d’euros. Les autres cofondateurs comme Marie-Hélène Smiejan-Wanneroy, François Bonnet et Laurent Mauduit ont également bénéficié de cette valorisation. Le 14 mars 2024, Edwy Plenel cède la présidence à Carine Fouteau, tournant une page de l’histoire de Mediapart.

Les affaires et scandales qui ont jalonné sa carrière

L’affaire Panama de 1991 reste l’un des épisodes les plus controversés de la carrière d’Edwy Plenel. Durant l’été, alors grand reporter au Monde, il publie une série intitulée « Voyage avec Colomb » après un mois de reportage intensif. Le 24e volet affirme que le Panama du général Noriega aurait financé le Parti socialiste français pour les élections présidentielles de 1988. Des lettres à en-tête de l’ambassade de France à Panama, datées de 1987, sont produites comme preuves.

Le PS dément rapidement ces accusations. Le 30 août, Le Monde tente de justifier la publication tout en précisant prudemment qu' »en l’état actuel de l’enquête », les documents « ne prouvent certes pas » le financement allégué. Les fameuses lettres se révèlent rapidement être des faux grossiers, obligeant le quotidien à publier un rectificatif le 5 septembre 1991, exprimant ses « regrets » d’avoir diffusé des « informations non vérifiées ».

  • Publication initiale de la série en livre en 1992
  • Réédition discrète en 2002 sous un nouveau titre
  • Transformation narrative en « supposé scandale »
  • Absence d’admission explicite de l’erreur initiale

L’affaire des écoutes constitue un autre chapitre marquant. François Mitterrand, inquiet de ce journaliste révélant régulièrement des secrets d’État et menaçant au téléphone d' »assassiner politiquement » un de ses ministres, décide de placer Plenel sur écoute. Le scandale éclate en 1993, exposant toute la vie privée du journaliste, jusque dans son intimité la plus absolue. Mitterrand dénoncera ces « chiens » lors des obsèques de Bérégovoy, recevant la réplique cinglante de Plenel dans son ouvrage « Un temps de chien » publié en 1994.

Les controverses politiques récentes alimentent également les débats. Sébastien Chenu, député du Nord, a critiqué vertement le journaliste, évoquant des liens troubles avec le terrorisme et citant une déclaration de 1970 où Plenel aurait exprimé un soutien à Septembre Noir après l’assassinat de onze athlètes israéliens aux Jeux Olympiques de Munich. Ces accusations raviven les tensions autour de sa personne.

Pourtant, Mediapart multiplie les succès journalistiques retentissants. En décembre 2012, la révélation de l’affaire Cahuzac marque un tournant dans le paysage médiatique français. Le site dévoile que Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, détient un compte en Suisse non déclaré. Le 2 avril 2013, le ministre avoue les faits devant le juge et est mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale. L’enquête de Fabrice Arfi révèle également le gestionnaire de fortune Hervé Dreyfus, l’évasion fiscale organisée vers la Suisse puis Singapour, et les manœuvres des communicants pour discréditer le média. D’autres scandales comme les affaires Woerth-Bettencourt et Morelle consolident la réputation d’investigation de Mediapart.

Aujourd’hui, Edwy Plenel reste une figure clivante du journalisme français, admiré par certains pour son intégrité et critiqué par d’autres pour ses méthodes. Son parcours illustre les contradictions et les enjeux financiers du journalisme indépendant moderne.

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