Vieil homme épuisé tenant un smartphone, main sur le visage

Michel Jonasz : son assistante l’a dépouillé de 398 000 euros

Je vous parle aujourd’hui d’une histoire qui m’a profondément marquée. Michel Jonasz, l’homme qui nous a offert Les Vacances au bord de la mer et tant de mélodies gravées dans nos mémoires, a été dépouillé de près de 400 000 euros par celle en qui il avait placé toute sa confiance. Son assistante personnelle, embauchée depuis quinze ans, a détourné systématiquement des sommes colossales entre 2013 et 2019. Cette affaire judiciaire révèle une fois de plus la vulnérabilité de certains artistes face à la gestion de leur patrimoine, même après 55 ans de carrière dans la chanson, le cinéma et le théâtre.

L’escroquerie révélée : comment l’assistante a détourné près de 400 000 euros

Je commence par les faits, parce qu’ils sont édifiants. Entre 2013 et 2019, l’assistante personnelle de Michel Jonasz, âgée de 53 ans, a orchestré un détournement massif de fonds. Embauchée en 2004 pour gérer toute la paperasse administrative et financière du chanteur, elle jouissait d’une confiance totale. Pourtant, elle ne possédait aucun diplôme en gestion, aucune formation comptable particulière.

Son rôle consistait à assurer le paiement des créanciers, la saisie des comptes bancaires et la gestion du courrier administratif. Pour ces tâches, elle percevait 2 400 euros net par mois. Mais ce salaire ne lui suffisait manifestement pas. Elle s’est donc versée, en toute discrétion, des chèques et des virements directs depuis les comptes du musicien, doublant ainsi ses revenus mensuels.

Les sommes détournées ont financé un train de vie bien supérieur à ses moyens officiels. Je découvre avec stupeur que ces 398 000 euros volés ont permis de payer des voyages à New York, Prague, Malte et Copenhague. Elle a également aidé financièrement sa famille : un mari accro aux jeux d’argent et une fille décrite lors du procès comme particulièrement capricieuse.

La découverte de cette escroquerie relève presque du hasard. Une autre secrétaire, en examinant les relevés bancaires, a repéré des erreurs comptables suspectes. Elle a immédiatement alerté l’artiste. La réaction initiale de Michel Jonasz m’a touchée : il s’est montré « plutôt compréhensif », allant même jusqu’à accorder une semaine de congé à son assistante après la révélation. Cette bienveillance témoigne d’une forme de naïveté, ou peut-être simplement d’une humanité rare dans le milieu du spectacle.

Mais la réalité finit toujours par s’imposer. Face à l’ampleur du préjudice financier et à la trahison de confiance, le chanteur a finalement pris la décision de licencier son assistante en 2019 et de porter plainte. Le dossier judiciaire s’est alors ouvert, dévoilant l’étendue méthodique de l’arnaque.

La condamnation judiciaire et les modalités de remboursement

Le 26 septembre 2022, le tribunal de Paris a rendu son jugement. L’ancienne assistante a été condamnée à dix-huit mois de prison avec sursis pour abus de confiance et blanchiment. La juridiction lui impose également de rembourser l’intégralité des 398 000 euros détournés. En cas de non-paiement, son sursis pourrait être révoqué, ce qui signifie qu’elle risque réellement la prison ferme.

Lors du procès, l’accusée a reconnu les faits tout en tentant de minimiser le préjudice causé. Elle a d’abord proposé de ne rembourser que 150 000 euros, soit moins de 40 % du montant total volé. Selon ses déclarations, elle aurait utilisé une partie des sommes pour régler des factures courantes, comme si cela justifiait l’origine frauduleuse de l’argent. Elle a également affirmé ne plus pouvoir vivre avec ce poids sur la conscience, une déclaration qui sonne étrangement après six années de détournements systématiques.

Son avocate a tenté de présenter les conditions de travail comme atténuantes. Elle a expliqué que Michel Jonasz n’hésitait pas à appeler son assistante jour et nuit, sept jours sur sept, créant une disponibilité permanente particulièrement exigeante. Cette défense suggère que l’escroquerie serait en quelque sorte une compensation pour ces contraintes professionnelles. L’accusée a également précisé que son mari et sa fille ignoraient l’origine frauduleuse de ces revenus supplémentaires.

Je trouve important de rappeler que Michel Jonasz n’est malheureusement pas le premier artiste victime de telles malversations. Le milieu artistique regorge d’exemples similaires :

  • Sheila a intenté un procès retentissant contre son producteur Claude Carrère qui, pendant vingt ans, lui versait un simple salaire tout en empochant des fortunes en royalties
  • Leonard Cohen a poursuivi sa manageuse Kelley Lynch pour avoir détourné 5 millions de dollars pendant qu’il effectuait une retraite bouddhiste
  • Michel Polnareff a été escroqué de plusieurs millions par son homme de confiance au début des années 1970, ce qui l’a contraint à s’exiler aux États-Unis pour fuir ses dettes fiscales

Ces affaires révèlent une constante troublante : les artistes, souvent peu portés sur la gestion financière, deviennent des cibles privilégiées pour leur entourage professionnel.

Michel Jonasz et son rapport à l’argent : un artiste sans excès

Ce qui me frappe dans cette histoire, c’est le contraste entre la fortune détournée et le rapport très mesuré que Michel Jonasz entretient avec l’argent. Dans une interview accordée à Gala, le chanteur a révélé n’avoir jamais été du genre à faire de grandes folies. Contrairement à Johnny Hallyday et sa collection de voitures de luxe, ou à Michel Sardou qui a accumulé les propriétés, Jonasz a toujours gardé une certaine sobriété.

À ses débuts, lorsqu’il faisait les premières parties de Stone et Charden ou de Mireille Mathieu, son cachet était ridicule. Pourtant, il dépensait tout pour descendre dans de bons hôtels, parfois des Relais et Châteaux, et s’offrir de bons restaurants. C’était sa façon de se faire plaisir, loin des excès du showbiz des années 1970. Il a expérimenté un peu les pétards, mais jamais davantage, restant éloigné de l’état d’esprit d’une époque souvent marquée par les débordements.

Aujourd’hui, Michel Jonasz passe son temps libre dans le calme de sa maison face à la mer dans le Var. Cette demeure avec vue imprenable constitue son havre de paix, loin de l’agitation parisienne. C’est là qu’il se ressource entre deux tournées, entre deux films. À 77 ou 78 ans selon les sources, le musicien sillonne encore la France dans le cadre de son Soul Tour prévu jusqu’en mars 2026.

Sa passion pour la cuisine illustre également cette personnalité attachée aux choses simples et authentiques. Il prépare régulièrement des plats traditionnels hongrois hérités de sa grand-mère paternelle : goulash, ragoûts mijotés avec soin. Il fréquente assidûment le marché couvert près des bords de Marne, un rituel qu’il chérit depuis son enfance et qui le ramène à ses racines.

Michel Jonasz compte désormais 55 ans de carrière dans le cinéma, la télévision, la chanson et le théâtre. Auteur, interprète et compositeur, il a marqué plusieurs générations avec des titres comme La Boîte de Jazz, Joueurs de blues ou Super Nana, ce morceau fétiche qu’il interprète systématiquement sur scène. Il est récemment apparu dans le film Maison de retraite 2 réalisé par Claude Zidi Jr, sorti le 14 février, aux côtés de Kev Adams et Jean Reno.

L’artiste affirme ne pas vouloir prendre sa retraite. Sa seule crainte est de perdre les moyens cérébraux ou physiques pour continuer à travailler. Mais il garde espoir : sa mère a vécu jusqu’à 94 ans avec toute sa tête. En attendant, il continue de chanter le blues et le jazz, refusant de se laisser abattre par cette escroquerie qui aurait pu briser bien des vocations. Je vous propose ci-dessous de comparer concrètement les salaires évoqués dans cette affaire pour mieux mesurer l’ampleur du détournement.

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