Une femme souriante assise dans un fauteuil près d'une fenêtre

Blanche Leridon : vie privée, compagnon et parcours professionnel

Je vais te parler aujourd’hui d’une femme dont le parcours professionnel impressionne autant que sa discrétion intrigue. Blanche Leridon dirige le pôle éditorial de l’Institut Montaigne et enseigne à Sciences Po. Elle a publié deux essais remarqués, dont Le Château de mes sœurs, primé en 2024. Pourtant, quand je cherche des informations sur son compagnon ou sa vie sentimentale, c’est le silence radio complet. Aucune trace d’un mari, d’un conjoint, d’une relation amoureuse dans les médias. Ce n’est pas un oubli journalistique, c’est un choix assumé de séparer radicalement vie publique et vie intime. Je trouve cette posture rafraîchissante dans un monde où tout se dévoile. Je vais étudier ici son parcours brillant, ses origines familiales engagées, sa relation unique avec ses sœurs et sa réflexion profonde sur la sororité.

Directrice éditoriale et enseignante à Sciences Po

Blanche Leridon occupe aujourd’hui le poste de directrice éditoriale à l’Institut Montaigne, où elle pilote les questions démocratiques et institutionnelles. Ce think tank parisien influence largement le débat public français. Parallèlement, elle transmet son expertise aux étudiants de Sciences Po Paris à travers un cours sur l’évolution du discours politique sous la Cinquième République. J’admire cette capacité à jongler entre analyse, transmission et production intellectuelle.

Son parcours académique reflète une solide formation : elle détient un master d’Affaires publiques de Sciences Po Paris, a étudié les lettres en classe préparatoire et approfondi l’histoire à University College London. Cette diversité disciplinaire nourrit sa pensée transversale. Elle a rejoint l’Institut Montaigne dès 2015 comme assistante chargée d’études, avant de devenir chargée d’études puis responsable des opérations entre 2017 et 2018.

Côté publications, elle a signé deux essais majeurs. Odyssées Ordinaires paraît en février 2022 aux Éditions Bouquins. Puis arrive Le Château de mes sœurs en août 2024, sous-titré Des Brontë aux Kardashian, aux origines de la sororité. Ce dernier reçoit le prix de l’essai Psychologies 2024, reconnaissance méritée pour un travail original qui bouleverse notre regard sur les fratries féminines.

Expérience au sein de cabinets ministériels

Entre 2018 et 2021, Blanche Leridon évolue au cœur des institutions politiques françaises. Elle intègre le cabinet de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Là, elle pilote les questions parlementaires, l’égalité des chances et la culture. Elle n’avait que 28 ans lors de sa nomination, preuve d’une confiance rare accordée à une jeune professionnelle.

Simultanément, entre 2018 et 2020, elle conseille Richard Ferrand à la présidence de l’Assemblée nationale sur les enjeux culturels et éducatifs. Cette double casquette lui offre une vision panoramique des mécanismes institutionnels français. J’imagine l’intensité de ces fonctions, la pression constante, la nécessité de maîtriser des dossiers complexes à toute vitesse.

Cette expérience au sein de cabinets ministériels forge sa compréhension intime du fonctionnement politique. Elle observe les coulisses, les négociations, la fabrique des décisions. Aujourd’hui, cette connaissance terrain irrigue son enseignement et ses analyses. Elle sait de quoi elle parle quand elle décortique le discours politique ou les dynamiques institutionnelles. Cette légitimité acquise sur le terrain donne du poids à ses interventions intellectuelles.

Une famille engagée dans l’art africain contemporain

Les parents de Blanche Leridon portent un engagement culturel peu commun. Matthias Leridon, 53 ans, dirige Tilder, cabinet conseil en communication pour grandes entreprises. Gervanne Leridon, 47 ans, a vécu en Côte d’Ivoire entre quatre et six ans. Le couple se marie en 2004 et partage une passion commune pour l’art africain contemporain qui structure leur vie.

Depuis 2000, ils acquièrent près de 2000 œuvres, constituant une collection majeure. Celle-ci rassemble des artistes reconnus :

  • Frédéric Bruly Bouabré et ses dessins encyclopédiques
  • William Kentridge, maître sud-africain de l’animation
  • Guy Tillim, photographe documentaire puissant
  • El Anatsui et ses tapisseries métalliques monumentales
  • Gonçalo Mabunda, sculpteur mozambicain d’armes recyclées
  • Rigobert Nimi, peintre congolais virtuose

En 2009, ils créent le fonds de dotation « African Artists for Development », qui alloue entre 800 000 et un million d’euros annuels à des actions humanitaires et culturelles en Afrique. Leurs projets touchent le Burkina Faso, la République démocratique du Congo, les camps de réfugiés et le Bénin.

Matthias Leridon publie en 2010 l’essai L’Afrique va bien. Il se définit comme afro-optimiste depuis ses 14 ans, après un voyage humanitaire à Ouagadougou. Il fonde aussi Cape & Cape, société proposant du Rooibos acheté directement auprès de producteurs africains en commerce équitable. En novembre, les Leridon organisent l’exposition « Lumières d’Afrique » au Théâtre de Chaillot, en prélude de la COP21, réunissant 54 artistes africains créant sur le thème de la lumière.

L’absence d’informations sur un éventuel compagnon

Quand je recherche des informations sur le compagnon de Blanche Leridon, je tombe sur un mur blanc. Aucune biographie, aucune interview, aucune publication ne mentionne un mari ou un conjoint. Aucun nom, aucune photo de couple, aucune allusion à une vie sentimentale. Ce vide informationnel est remarquable dans notre époque de surexposition.

Elle ne possède apparemment pas de présence publique sur Instagram ou Twitter à titre personnel. Aucune trace de déclarations sur des événements familiaux, des vacances en duo, des mentions affectueuses. Cette absence ne résulte pas d’un désintérêt journalistique. Les médias respectent simplement son choix délibéré de ne rien dévoiler.

Je trouve cette posture cohérente avec sa volonté de faire parler uniquement son travail et sa pensée. Elle refuse que sa vie intime devienne un sujet d’attention publique. En France, contrairement aux États-Unis ou au Royaume-Uni, la culture médiatique respecte davantage la vie privée des figures intellectuelles. On questionne Manuel Bompard sur sa vie privée et son compagnon parce qu’il occupe l’espace politique visible, mais une directrice éditoriale bénéficie d’une autre considération.

Aspect de la vie privée Informations disponibles
Nom du compagnon/mari Aucune information
Statut marital Non documenté
Présence sur réseaux sociaux personnels Absente
Déclarations publiques Aucune sur ce sujet
Photos de couple Inexistantes

Un choix assumé de discrétion sur sa vie privée

Cette absence d’informations sur son compagnon traduit une décision réfléchie. En tant qu’intellectuelle engagée, Blanche Leridon veut que l’attention reste centrée sur ses idées, son travail, ses analyses. Elle refuse que sa situation conjugale ou familiale devienne un prisme de lecture de sa pensée.

Ce choix lui permet de contrôler son image publique et de protéger ses proches d’une exposition médiatique non désirée. Je comprends cette volonté de tracer une frontière nette. Dans un monde où tout s’affiche, où chacun partage son intimité, elle affirme un droit au silence. Cette posture rappelle celle d’Annie Ernaux qui, malgré son Nobel, garde une distance similaire.

Les raisons de ce silence s’articulent autour de plusieurs axes :

  1. Maintenir le focus sur sa production intellectuelle plutôt que sur sa vie personnelle
  2. Protéger l’intimité de ses proches qui n’ont pas choisi l’exposition publique
  3. Refuser que son genre induise des questions sur sa vie sentimentale systématiquement
  4. Préserver un espace personnel hors de toute instrumentalisation médiatique

Cette approche reflète des valeurs cohérentes avec son parcours professionnel. Elle analyse les mécanismes de pouvoir, les représentations culturelles, les dynamiques de genre. En refusant de jouer le jeu de l’exposition personnelle, elle maintient sa liberté de penser et de s’exprimer sans que sa parole soit parasitée par des considérations biographiques.

Une fratrie de trois sœurs au cœur de son identité

Blanche Leridon grandit au sein d’une fratrie de trois filles avec très peu d’écart d’âge. Elle occupe la position du milieu, entre une grande sœur et une petite sœur. Leur mère s’occupe intensément d’elles et ne travaille pas pendant leur enfance. Les parents se sont rencontrés au collège et ne se sont jamais quittés pendant des années.

Le divorce survient quand les sœurs ont environ six, quatre et deux ans. Cet événement renforce paradoxalement leur lien et forge un trio soudé. Leur père aura ensuite un fils d’une seconde union. Blanche décrit le lien avec ses sœurs comme un lien de « proximité » et d' »immense tendresse ».

Elle considère cette relation comme « constitutive de son identité », expliquant une infinité de choses sur son comportement, ses appréhensions, ses doutes, mais aussi ses forces. Elle a grandi dans cet environnement féminin très proche, avec une forme de complicité naturelle, mais aussi beaucoup de disputes comme dans toute fratrie.

La position du milieu lui offre une liberté particulière. Elle bénéficie d’un modèle avec sa grande sœur d’un côté et d’une compagnonne de jeu avec sa petite sœur de l’autre. Petite, elle se plaignait de ne pas avoir sa chambre toute seule et avait le sentiment d’être prise en étau. Avec ses sœurs, elles regardaient Charmed ensemble, parfois en cachette. Elles faisaient des jeux de rôle : l’aînée était Prue, elle incarnait Piper, la benjamine jouait Phoebe. Quand Prue meurt dans la série, elle devient Phoebe (son personnage préféré) et sa petite sœur prend le rôle de Paige.

Une position sur la maternité influencée par la sororité

À 28 ans selon certaines sources, Blanche Leridon affirme ne pas avoir de désir d’enfant actuellement. Ce n’est pas dans ses plans de vie, ses rêves ou ses aspirations du moment. Elle reste prudente quand elle en parle, consciente que ses sentiments pourraient évoluer. Mais aujourd’hui, cette envie n’est pas là.

La raison principale tient à sa proximité avec ses sœurs. La relation qu’elle entretient avec elles est tellement riche que l’injonction à faire des enfants reviendrait selon elle à dévaloriser ce lien. Elle refuse de considérer la relation avec ses sœurs comme transitoire ou comme une préparation à un état supérieur, qui serait la maternité.

Du fait de leur proximité en âge et parce qu’elles deviennent jeunes adultes, leurs relations sont totalement différentes, infiniment plus matures. Elle est encore tellement attachée à sa famille d’origine qu’elle n’arrive pas à envisager autre chose. Elle considère ce lien comme tellement vif et puissant qu’elle ne ressent pas le besoin de le reproduire.

Les motivations de cette position se déclinent ainsi :

  • Refuser que la relation sororale soit vue comme simple étape avant la maternité
  • Valoriser un lien affectif non reproductif comme pleinement légitime
  • Résister à l’injonction sociale qui fait de la maternité l’aboutissement féminin
  • Reconnaître la richesse d’une configuration familiale d’origine encore vivante

Elle juge cette relation comme une chance, quelque chose d’autonome, de singulier et de puissant. Elle ne veut pas la considérer comme juste transitoire, la préparant à devenir une mère formidable un jour. Elle précise ne pas vouloir être trop définitive sur ces sujets sérieux qui méritent mieux que la caricature. C’est un passage très personnel dont elle ne veut surtout pas tirer de généralité.

Le Château de mes sœurs : un essai sur les fratries féminines

Le déclencheur de son livre tient à une observation linguistique simple mais révélatrice. En français, aucun mot spécifique ne désigne une fratrie uniquement composée de sœurs. On utilise « fratrie » pour tous les cas : frères seuls, sœurs seules, ou mixte. L’historien Didier Lett, spécialiste des frères et sœurs, emploie le terme « sororie », mais il reste marginal.

L’ambition du livre était moins d’imposer un nouveau mot dans le dictionnaire que de attester l’utilité de singulariser cette configuration familiale. Blanche Leridon voulait comprendre la complexité des relations entre sœurs et aller au-delà des stéréotypes qui les enferment : jalousie permanente, rivalité, chipies qui se chamaillent. Elle voulait montrer une autre image et retracer cette histoire particulière.

Le premier chapitre explique que si aucun mot n’existe, c’est parce que cette réalité n’était pas désirée. Dans des sociétés largement patrilinéaires où la descendance passe par le fils, n’avoir que des filles était considéré comme un échec complet. Elle identifie le « paradoxe de la multitude » : normalement, plus vous êtes nombreux, plus vous êtes puissants, mais avec les fratries de sœurs, cette logique s’inverse. Plus vous êtes nombreuses, moins vous êtes puissantes.

Même aujourd’hui en 2025, la réaction pavlovienne face à une fratrie de filles reste « ton pauvre papa » ou des questions sur l’absence de garçon. Elle cite une amie qui a quatre sœurs (cinq au total) et reçoit systématiquement cette réaction. Cette permanence révèle des structures mentales tenaces qui dévaluent implicitement les configurations féminines.

Des découvertes culturelles et historiques sur les sororités

Blanche Leridon a été marquée par l’immense richesse de ce matériau. Elle a découvert énormément de fratries de sœurs qui ont marqué l’histoire, la littérature, la culture, mais qu’on a assez peu analysées comme fratries de sœurs. Ces découvertes révèlent une histoire invisible.

Figures littéraires et intellectuelles

Simone de Beauvoir et sa sœur Hélène forment un duo passionnant. Simone a défendu sa petite sœur dans le foyer familial pour qu’elle puisse faire du dessin, et l’a soutenue financièrement. Une part du féminisme de Beauvoir s’est construite dès la cellule familiale avec cette volonté d’aider sa sœur. Virginia Woolf et Vanessa Bell présentent une dynamique similaire : Virginia écrivait tandis que Vanessa dessinait. Enfants, l’une écrivait des histoires et l’autre en faisait les illustrations. Cette complémentarité créative structure leurs œuvres respectives.

Elle a découvert les Sœurs Nardal, à l’origine de la négritude en France, dont on a invisibilisé tout l’apport. Ces femmes martiniquaises ont créé le premier salon littéraire noir de Paris dans les années 1930, mais l’histoire n’a retenu que les noms masculins du mouvement. Elle cite aussi les sœurs Brontë, Charlotte, Emily et Anne, dont la production littéraire fulgurante a révolutionné le roman victorien.

Évolution des représentations culturelles

La Reine des Neiges, sorti en 2013, marque un tournant décisif. Ce plus grand blockbuster de Disney à sa sortie propose une innovation narrative majeure : pour la première fois, ce n’est pas un prince charmant qui sauve la princesse, mais la puissance de l’amour que lui porte sa sœur. Cette sortie précède MeToo de plusieurs années.

La série Fleabag montre la relation avec la sœur Claire d’une justesse remarquable, loin des stéréotypes, avec humour, vulgarité, mais aussi immense tendresse. Elle recommande aussi The Split, série britannique sur des sœurs avocates à Londres disponible sur Arte. Ces représentations contemporaines offrent enfin des modèles complexes de sororité.

Les Kardashian, qu’elle a regardées « tard » et « sous contrainte pour pouvoir écrire le livre », lui ont révélé énormément de choses. Elle note l’inversion du paradoxe de la multitude : ces sœurs auraient pu toutes faire carrière seules, mais c’est le collectif qui les a forgées et rendues puissantes. Elles ont créé une dynastie, un empire sur leur image, dans ce gynécée moderne où les hommes ont un rôle totalement subalterne. Le père fait les machines, la mère détient le pouvoir, le frère n’a même pas un prénom avec un K.

Malgré leurs défauts (vulgarité, stéréotypes sur la féminité), elles confirment qu’une puissance au féminin existe, qu’on peut construire des empires quand on est des femmes, qu’on peut être entrepreneuse. Elles sont des anti-petites-filles-modèles. Kim a peut-être même des velléités politiques aujourd’hui en embrassant une carrière d’avocate.

Elle analyse aussi comment les médias traitent différemment les relations selon le genre. Concernant Serena et Venus Williams, on a voulu prolonger la rivalité sportive (légitime sur un terrain de tennis) sur le plan familial et émotionnel, alors qu’elles forment deux sœurs extrêmement soudées.

On n’a jamais demandé à Florent Manaudou s’il était jaloux de sa sœur Laure. La question ne se pose pas. Un homme n’est pas jaloux de sa sœur. Quand on regarde les frères Karabatic dans le handball, on ne leur demande jamais s’ils sont jaloux l’un de l’autre. Mais deux sœurs, ou une sœur à l’égard de son frère, la question est appréhendée différemment.

Kate et Pippa Middleton illustrent aussi ce biais médiatique. Le jour du mariage de Kate, au bout de cinq minutes, toutes les caméras se braquent sur la sœur. La presse people britannique les oppose immédiatement : laquelle a le plus beau bronzage, laquelle était le plus aimée par son père, qui a le tableau de chasse le plus fourni. On ne commentait que les fesses de Pippa parfaitement moulées dans sa jolie robe.

Blanche Leridon estime que les choses évoluent, mais rien n’est jamais acquis. Elle trouve des choses vraiment stimulantes aujourd’hui dans le champ des représentations. Ces 18 derniers mois ont vu un nombre absolument pléthorique de livres géniaux publiés sur l’amitié, sur l’importance de ces liens-là, sur l’intérêt aussi qu’on a à les valoriser, à envisager d’autres formes de modèles de vie communautaire qui ne soient pas uniquement centrés sur le modèle familial traditionnel.

Il faut sortir du stéréotype de trois vieilles filles acariâtres qui n’ont pas trouvé de compagnon et vivent toutes seules. Ce n’est pas ça, on ne nous inflige pas ça, ce n’est pas une punition. Ça peut être un choix délibéré et une source d’épanouissement personnel. Elle évoque la figure des « vieilles tantes », souvent la tante sans enfant dans les familles, vue avec condescendance comme la pauvre vieille fille. Elle parle d’une de ses tantes, petite sœur de sa mère, qu’elle adorait enfant pour sa liberté, sa féminité, mais très vite s’est instillée l’idée qu’elle avait raté quelque chose.

Elle trouve cette lecture extrêmement délétère alors que ce sont des figures souvent extrêmement importantes dans la vie des petites filles et des adolescentes. Elle cite Elisabeth Gilbert qui distingue trois catégories de femmes : celles qui veulent des enfants, celles qui savent qu’elles n’en veulent pas mais qui veulent être présentes auprès d’eux, et celles qui ne devraient jamais s’approcher d’enfants. Depuis la sortie de son livre il y a plusieurs mois, elle reçoit pas mal de témoignages de sœurs qui disent que le livre les a touchées, et plein de femmes qui témoignent : « Oui, ma relation avec ma sœur, elle est loin des stéréotypes du genre. » Elle trouve cela assez stimulant pour imaginer d’autres futurs possibles.

💶 Comparez vos salaires

Retour en haut