Homme d'âge mûr sur un bateau avec océan et soleil

Olivier de Kersauson : fortune de mer et navigateur français

Je regarde la mer comme on observe un vieux complice. Olivier de Kersauson, né le 20 juillet 1944 à Bonnétable dans la Sarthe, incarne cette figure du navigateur qui refuse les cases. Marin, écrivain, personnalité médiatique au franc-parler redoutable, il traverse les océans avec la même liberté qu’il défie les conventions. Sa fortune, estimée à 185 millions d’euros selon le magazine People With Money, interroge autant qu’elle enchante. Comment un homme épris de large a-t-il bâti un patrimoine aussi conséquent ? Entre records maritimes, investissements astucieux et carrière médiatique, son parcours dessine une trajectoire singulière. De second d’Éric Tabarly à skipper accompli, il a sculpté sa légende sur les flots et au-delà. Je vous propose de plonger dans l’univers de celui qu’on surnommait l’Amiral.

Un patrimoine constitué entre mer et business

Selon People With Money, Olivier de Kersauson aurait empoché 58 millions d’euros entre décembre 2024 et décembre 2025, le plaçant en tête des navigateurs les mieux rémunérés. Attention toutefois : un correctif publié le 8 janvier 2026 affirme que cette rumeur serait infondée. Difficile de démêler le vrai du faux dans ces eaux troubles.

Ce qui demeure certain, c’est que sa fortune globale avoisinerait les 185 millions d’euros. Cette somme ne tombe pas du ciel. Elle provient d’une diversification intelligente que j’admire presque autant que je la questionne.

  • Placements boursiers judicieux qui fructifient au fil des années
  • Patrimoine immobilier conséquent dont les détails restent confidentiels
  • Contrat publicitaire avec les cosmétiques CoverGirl, alliance inattendue
  • Chaîne de restaurants « Chez l’gros Olivier » implantée à Paris
  • Propriété d’un club de football à Bonnétable, son village natal

Olivier de Kersauson ne s’arrête pas là. Il a développé une ligne de vêtements baptisée « De Kersauson Séduction » pour adolescents et commercialise un parfum, « L’eau d’Olivier ». Cette diversité économique interpelle. Comment concilier l’image du marin solitaire avec ces activités commerciales ? Les royalties sur ses nombreux ouvrages et les partenariats médiatiques complètent ce puzzle financier qui dépasse largement la seule navigation.

Du second de Tabarly aux records en solitaire

Tout commence pendant son service militaire, effectué sur la Pen Duick III à la demande d’Éric Tabarly. Cette rencontre forge dix années de collaboration où le jeune Olivier apprend son métier auprès du maître. Puis vient 1974, année de rupture : il décide de voguer seul.

En 1975, il s’engage dans la Financial Times Clipper Race avec le Burton Cutter rebaptisé Kriter II. Le départ a lieu le 31 août depuis Londres, cap sur Sydney sans escale. Cette course marque un tournant double : maritime et médiatique. Une mésaventure lors de cette traversée le propulse sur le devant de la scène publique.

  1. 1988 : tour du monde en solitaire qui affûte son expérience
  2. 1994 (ou 1997 selon les sources) : victoire au trophée Jules Verne en 71 jours
  3. Conservation du trophée pendant cinq années consécutives
  4. Records de l’Australie et du parcours Los Angeles-Honolulu

Son maxi-trimaran porte le nom de Géronimo, en hommage au chef apache. Ce choix révèle sa fascination pour les figures rebelles. Il a commandé jusqu’à 64 ans, âge où d’autres songeraient déjà à la retraite. Sa maîtrise technique et son appétit pour les nouvelles technologies appliquées à la voile ont nourri sa longévité maritime. Un parcours qui évoque aussi celui d’autres artistes perfectionnistes comme Yvan Cassar fortune : biographie, vie privée et influence musicale, où l’excellence technique rencontre la passion.

Une personnalité médiatique au franc-parler légendaire

La rencontre avec Jacques Martin à Bora-Bora change la donne. Martin le présente à Philippe Bouvard, qui l’intègre aux Grosses Têtes. Aux côtés de Jean Yanne, Patrick Sébastien, Thierry Le Luron et Alice Sapritch, il devient sociétaire de cette émission culte. Bouvard lui attribue le surnom d’Amiral, qu’il portera comme un grade non désiré.

Car Olivier de Kersauson déteste cette époque : « J’ai fait cette émission comme je conduirais un camion-poubelle. Je n’ai jamais pris de plaisir à le faire, c’était un travail. » Cette franchise brutale le caractérise. Pourquoi accepter alors ? Probablement pour des raisons financières, ce qui n’enlève rien à son authenticité.

Côté littéraire, sa production impressionne :

  • Fortune de Mer avec Jean Noli en 1976 aux Presses de la Cité
  • Mémoires salées et Les ports du monde
  • Le monde comme il me parle publié en septembre 2013
  • Avant que la mémoire s’efface, sorti en novembre 2024

Son caractère forge sa réputation. « Je ne crois pas avoir adressé de ma vie la parole à quelqu’un en premier », confie-t-il. Cette réserve contraste avec son autoritarisme à bord, où il pratique une dictature éclairée. Sur son bateau, pas de démocratie : le skipper décide, l’équipage exécute.

Son rapport à l’école le définit aussi : « De toute ma scolarité, je n’ai pas passé une seule journée agréable à l’école. C’était comme la prison. » Renvoyé de tous les lycées religieux qu’il fréquente, il décroche néanmoins son baccalauréat. Cette révolte précoce explique sa philosophie de vie : « Plus jamais je ne ferai quelque chose qui ne m’intéresse pas. »

Un ours mal léché qui refuse le possessif

Olivier de Kersauson déteste le mot « mon » ou « ma », sauf pour parler d’une maladie. Cette aversion du possessif traduit sa philosophie anti-matérialiste. Dans sa maison polynésienne, aucune photo, aucun souvenir. « Ce qui doit demeurer dans le cœur ou dans l’âme, ça reste », affirme-t-il. Je trouve cette posture radicale presque enviable, dans notre société d’accumulation.

Né en 1944, dernier enfant d’une fratrie de huit, il grandit dans les décombres de la guerre. Son père, orphelin de 14-18 et atteint de polio en 1916, marchait avec une canne. Ces blessures familiales ont saturé son enfance. Issu d’un milieu conservateur, il rompt très tôt avec ses valeurs d’origine. Cette rupture nourrit son besoin de solitude : « J’adore être seul et n’ai pas besoin des autres même si j’ai le plaisir de l’autre. »

Vie privée entre terre et océan Pacifique

Olivier de Kersauson épouse Caroline Piloquet-Verne, avec qui il a un fils, Arthur, né en 1980. En 2013, il se remarie civilement à Brest avec Sandra, puis religieusement le 24 mai 2014 sur un atoll polynésien. Il avait alors 69 ans. Grand-père d’Iris et Robert, il mène désormais une existence partagée entre la France et la Polynésie française.

« Le simple fait d’être au milieu du plus grand océan du monde change tout », explique-t-il. Il apprécie les couleurs des Tuamotu, les lagons, la lumière et la vague qui frappe le récif. Son rêve ? Habiter sans aucun être humain à 300 kilomètres à la ronde. Dans son livre de novembre 2024, il officialise sa relation passée avec Florence Arthaud, navigatrice disparue tragiquement.

Santé et célébration des 80 ans

En novembre 2022, Olivier de Kersauson révèle avoir combattu un cancer en 2018. À 81 ans en janvier 2026, il poursuit son existence loin des projecteurs. Le 20 juillet 2024, il célèbre ses 80 ans. Le 26 juillet suivant, Orlabay et la SNT organisent une projection du documentaire Fortune de mer sur la course Kriter 2 à La Vigie. Tout l’équipage se réunit pour fêter les 50 ans de cette aventure. Olivier fait le déplacement depuis Tahiti.

  1. Cancer diagnostiqué et traité en 2018
  2. 80e anniversaire célébré en juillet 2024
  3. Projection commémorative du documentaire Kriter 2
  4. Présence exceptionnelle depuis la Polynésie

Je me demande ce que signifie vieillir pour un homme qui a passé sa vie à défier les éléments. Sa conscience aiguë que « la vie n’est pas un dû, mais une chance » éclaire son attitude : « Il est moins dangereux de risquer que de subir. » Cette maxime résume tout. Choisir le large plutôt que la sécurité du port. Préférer l’action à la contemplation passive. Olivier de Kersauson a transformé cette philosophie en art de vivre, bâtissant au passage une fortune qui ne l’intéresse finalement que modérément.

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