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Apocalypse Reims : scènes de la cathédrale

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Apocalypse Reims : scènes de la cathédrale

Rédigé vers 90 après Jésus-Christ par Saint Jean, le livre de l'Apocalypse est le 27e et dernier texte de la Bible. Ce récit visionnaire, peuplé de bêtes terrifiantes et d'anges fulgurants, a fasciné les artistes pendant des siècles. À Reims, les bâtisseurs du Moyen Âge ont transformé cette vision en pierre, offrant aux fidèles un programme iconographique sans équivalent dans la sculpture gothique française.

Le portail occidental sud de la cathédrale : un cycle sculpté unique au XIIIe siècle

La Cathédrale Notre-Dame de Reims abrite, sur sa façade occidentale, l'un des cycles apocalyptiques les plus ambitieux de la sculpture gothique. Le programme se déploie principalement au portail sud, dans les archivoltes, mais il déborde également sur les reliefs du contrefort adjacent. À l'intérieur, deux autres archivoltes au revers de ce même portail prolongent la narration. Cette double extension, extérieure et intérieure, distingue Reims de toutes les autres cathédrales gothiques de son époque.

Concrètement, cinq voussures figurées alternent avec des cordons décoratifs et des frises à motif végétal. Chaque voussure accueille des personnages, des créatures et des scènes tirés du texte de Jean. L'ensemble frappe par sa densité et par son ambition narrative. Selon l'historien Peter Kurmann, auteur de "Le portail apocalyptique de la cathédrale de Reims" publié aux éditions Droz en 1979, un tel cycle est tout simplement extraordinaire dans la sculpture des portails du XIIIe siècle.

Pourtant, la lecture du programme ne coule pas de source. La narration ne suit pas les étapes successives du texte biblique : on observe des discontinuités, des répétitions d'un même sujet et des lacunes significatives. Les restaurations baroques, documentées par Bruno Decrock dans son rapport de 2006 pour la DRAC Champagne-Ardenne et le CRMH, n'ont probablement reproduit qu'en partie les sujets originels. Ce qui est visible aujourd'hui mêle donc sculpture médiévale et interprétation baroque.

La notice scientifique rédigée par Béatrice Coquet, révisée par Iliana Kasarska le 13 mars 2013, souligne que les sources de ce cycle sont multiples. Le Liber floridus et la tradition du Commentaire de Beatus de Liébana ont nourri les sculpteurs rémois, tout comme des traditions iconographiques remontant au Haut Moyen Âge et à l'époque romane. Fait remarquable : plusieurs motifs présents à Reims ne figurent dans aucun manuscrit recensé. Ces inventions proprement rémoises témoignent d'une liberté créatrice surprenante pour l'époque.

ÉlémentDescription
Localisation extérieureVoussures du portail sud + reliefs du contrefort contigu
Localisation intérieureDeux archivoltes au revers du portail sud
Nombre de voussures figuréesCinq voussures alternant avec des cordons décoratifs
Période de créationXIIIe siècle
Sources iconographiquesLiber floridus, tradition de Beatus de Liébana, inventions rémoises

Découvrir l'Apocalypse de Reims autrement : expositions et activités

La sculpture gothique donne une première lecture de l'Apocalypse. Pour aller plus loin, deux initiatives contemporaines permettent d'examiner ce thème sous des angles radicalement différents. Si vous préparez une visite, jetez un œil aux activités et visites indispensables à faire à Reims le week-end : les propositions culturelles autour de la cathédrale s'y inscrivent naturellement.

Le Musée Hôtel Le Vergeur accueille l'exposition "Deux visions de l'Apocalypse" du 14 septembre au 23 décembre, commissariée par Christian Noorbergen, critique d'art. Le propos est audacieux : mettre face à face les 16 gravures sur bois d'Albrecht Dürer, dont le musée conserve un exemplaire de la deuxième édition de 1511 (la première date de 1498), et les créations contemporaines de Frédéric Voisin. Ce dernier revisite chaque thème avec des gravures sur linoléum, plus contrastées, aux personnages imaginaires et aux couleurs vives inspirées de la palette des peintres médiévaux. La confrontation des deux artistes, séparés par cinq siècles, révèle la permanence obsessionnelle de ces images.

Pour les familles, un atelier jeune public se tient les 20 et 21 août 2026, de 10 h à 12 h, intitulé "Des animaux imaginaires dans l'Apocalypse de Dürer". Voici ce qu'il faut retenir avant de s'inscrire :

  • Tranche d'âge : enfants de 8 à 12 ans
  • Format : 2 séances de 2 heures chacune, avec participation obligatoire aux deux séances
  • Technique utilisée : linogravure
  • Tarif : 4 euros au total, soit 2 euros par séance
  • Objectif : dessiner puis imprimer sa propre version d'un animal imaginaire tiré du texte apocalyptique

C'est une belle façon d'initier les enfants à la gravure tout en les plongeant dans un univers symbolique riche. La linogravure, plus accessible que la taille-douce, laisse une immense liberté d'interprétation.

Approfondir la visite : ressources et perspectives pour aller plus loin

Comprendre le portail sud ne s'improvise pas en cinq minutes devant la façade. Quelques outils concrets aident à déchiffrer ce programme complexe. La publication de Peter Kurmann aux éditions Droz (1979) reste la référence académique essentielle pour qui veut comprendre les choix iconographiques. Le rapport de Bruno Decrock (2006) éclaire, lui, les interventions postérieures et leurs limites.

Sur place, observer les archivoltes en commençant par l'extérieur, puis en entrant dans la cathédrale pour retrouver les scènes intérieures, donne une lecture plus cohérente du cycle. Cette circulation dedans-dehors est rarement conseillée aux visiteurs, pourtant elle change tout à la compréhension de l'ensemble.

Reims ne se limite pas à sa cathédrale. Le futur musée des beaux-arts de Reims, dont l'architecture et le projet culturel ont été récemment dévoilés, promet d'enrichir encore davantage l'offre de lecture de l'art médiéval et moderne dans la ville. Entre le portail gothique, les gravures de Dürer au Musée Hôtel Le Vergeur et ce nouveau projet muséal, Reims construit un franc conversation entre les époques autour de ses collections.

Emma

Emma

Emma est la fondatrice de BigBang Céréales, un espace où mode, bijoux, accessoires et lifestyle se rencontrent pour célébrer l'unicité de chacun. Passionnée depuis toujours, elle considère que le style est le reflet de l'histoire personnelle et de l'essence de chacun.

Chez BigBang Céréales, Emma sélectionne chaque pièce avec soin pour raconter des histoires authentiques — la vôtre.