Fête religieuse dans 3 ans : 200 personnes mobilisées
3 800 fleurs en papier crépon, huit commissions actives, 200 bénévoles déjà mobilisés. Et l'événement n'aura lieu qu'en juin 2029. À Chaumont, en Haute-Marne, le grand pardon n'attend pas la dernière minute pour exister.
Une fête religieuse pas comme les autres, ancrée dans l'histoire depuis 1475
Le grand pardon de Chaumont ne figure sur aucun calendrier ordinaire. Sa date ne se fixe pas à l'avance sur plusieurs années : la fête n'a lieu que lorsque la Saint-Jean-Baptiste tombe un dimanche, soit le 24 juin. Ce mécanisme astronomique et liturgique est inscrit dans l'histoire depuis plus de cinq siècles.
Tout remonte à 1475. Cette année-là, le pape signe un document accordant à perpétuité une indulgence plénière à tous ceux qui, lors de chaque occurrence de ce dimanche particulier, visitent la collégiale Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, s'y confessent et y communient. La première célébration suit dès l'année d'après. Depuis, la fête revient dès que le calendrier l'autorise — avec une seule interruption notable pendant la Révolution française.
La dernière édition remonte à 2018. Elle avait attiré de nombreux curieux et fidèles, preuve que l'événement dépasse largement les cercles strictement religieux. Car le grand pardon est à la fois une célébration de la naissance de Saint Jean-Baptiste, à qui est dédiée la basilique, et une fête profane portée par une association laïque qui organise les animations autour de la paroisse.
Pour la prochaine édition, les festivités se tiendront les 23 et 24 juin 2029. La thématique retenue n'a rien d'anodin : par le pardon, osez la paix. Un choix assumé par Béatrice Jehlé, présidente de l'association du grand pardon, qui cite explicitement le contexte mondial pour justifier cette orientation.
200 personnes déjà à l'œuvre pour préparer le week-end de juin 2029
Deux cents personnes. C'est le nombre de bénévoles déjà engagés dans la préparation du prochain grand pardon, selon Béatrice Jehlé. Un chiffre qui peut surprendre pour un événement prévu dans trois ans, mais qui s'explique par l'ampleur du projet et la nature des tâches à accomplir.
L'organisation repose sur huit commissions thématiques, chacune composée d'une quinzaine de membres. Chaque commission pilote un aspect précis de l'événement — logistique, communication, décoration, programme religieux... À cela s'ajoutent les ateliers fleurs, qui rassemblent des bénévoles chaque mardi pour confectionner, pétale après pétale, les ornements qui décoreront les rues de la ville préfecture.
Claudine, l'une des artisanes les plus engagées, résume à elle seule l'état d'esprit collectif : « J'ai commencé les fleurs dès que j'ai su tenir un crochet, toute petite ». Elle transmet aujourd'hui ce savoir-faire aux nouvelles recrues. Ce passage de témoin intergénérationnel est l'une des dimensions les plus touchantes de ces préparatifs.
Les chiffres sont éloquents sur l'ampleur de la tâche :
- 3 800 fleurs en papier crépon sont nécessaires pour décorer la ville le jour J.
- À raison de 10 pompons par séance, il faut compter 380 séances pour atteindre l'objectif.
- Or, une année ne compte que 52 mardis — soit autant de séances possibles.
- Le compte n'y est pas sans renfort : de nouvelles recrues bénévoles seront indispensables d'ici 2029.
Le programme définitif, lui, ne sera bouclé qu'à la fin de l'année 2028. L'année du grand pardon débute officiellement le premier dimanche de l'Avent qui précède l'événement, soit le 3 décembre 2028. Ce n'est donc qu'à partir de ce jalon que le calendrier exhaustif des festivités prendra forme.
La basilique en chantier : un défi logistique géré avec pragmatisme
Il y a un paradoxe difficile à ignorer — la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont est en travaux, et le restera encore plusieurs années. La rénovation porte sur la sécurisation du bâtiment, la gestion des eaux pluviales et la préservation des décors peints intérieurs. Le chantier, lancé en 2021, s'avère plus lourd que prévu.
Antoine Desfretiers, maire sans étiquette de Chaumont, est clair sur le calendrier réel : « On était déjà parti en 2021 sur une dizaine d'années. On serait vraisemblablement sur une quinzaine d'années. » Ce décalage ne remet pas en cause la tenue du immense pardon, mais impose une planification rigoureuse des phases de travaux.
| Élément | État en 2026 | Situation prévue en juin 2029 |
|---|---|---|
| Sécurisation de la basilique | En cours | Terminée |
| Gestion des eaux pluviales | En cours | Partiellement achevée |
| Restauration des décors peints | En cours | Non terminée |
| Chantier global | Estimé à 15 ans | Toujours actif |
La bonne nouvelle, c'est que les travaux de sécurisation seront achevés avant les festivités de juin 2029. Les fidèles et visiteurs pourront accéder à la basilique dans des conditions sûres. Le maire a été explicite : les phases de chantier sont volontairement échelonnées pour ne pas interférer avec la préparation et le déroulement du immense pardon.
Participer aux ateliers bénévoles : une façon concrète de s'impliquer dès maintenant
Si vous habitez la région ou que vous planifiez une sortie en Champagne-Ardenne, sachez que les ateliers fleurs du grand pardon sont ouverts chaque mardi. L'association cherche activement de nouveaux volontaires pour tenir les objectifs de production.
S'engager maintenant, c'est intégrer une dynamique collective rare : un projet ancré dans cinq siècles d'histoire locale, porté par des habitants qui fabriquent littéralement leur fête de leurs propres mains. Franchement, peu d'événements culturels ou religieux en France offrent cette intensité d'implication citoyenne sur une aussi longue durée de préparation.
La thématique retenue — la paix par le pardon — donne aussi à cet événement une résonance qui dépasse les frontières de la Haute-Marne. En 2029, Chaumont ne célébrera pas seulement une coïncidence de calendrier : la ville enverra un message. Ceux qui veulent contribuer à le façonner ont encore trois ans pour rejoindre l'aventure.
Carole est une auteure curieuse et engagée, spécialisée dans la production de contenus clairs et utiles. Elle aime explorer des sujets variés et les rendre accessibles au plus grand nombre.
Didactique et pédagogue, elle privilégie une écriture pragmatique et structurée qui guide le lecteur pas à pas. Ses billets visent à informer, éclairer et donner des outils concrets pour agir.