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Futur musée des Beaux-Arts de Reims dévoilé

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Futur musée des Beaux-Arts de Reims dévoilé

Fermé depuis 2019, le musée des Beaux-Arts de Reims se prépare à une renaissance spectaculaire. Le projet de restauration et d'extension, estimé à 64 millions d'euros, représente actuellement le plus gros chantier public mené à Reims. Quelque 50 personnes travaillent quotidiennement sur ce site de 7 200 m², portant un projet qui s'étale sur trois mandats politiques. La réouverture est fixée à juin 2027.

Un chantier hors normes dans l'ancienne abbaye Saint-Denis

Le chantier a officiellement démarré en 2023, mais l'histoire de ce projet remonte à bien avant. Plus de 139 cabinets d'architectes ont répondu à l'appel à candidatures lancé par la Ville de Reims. C'est le cabinet britannique David Chipperfield qui a finalement été retenu, fort d'une réputation internationale bâtie sur la réhabilitation de musées emblématiques comme le Neues Museum de Berlin.

Le musée occupe l'ancienne abbaye Saint-Denis, à quelques pas des Halles du Boulingrin récemment rénovées, dans un quartier en pleine transformation. Ce positionnement géographique est fort : l'entrée principale s'ouvrira face à la cathédrale de Reims, directement sur la voie des Sacres. Les visiteurs bénéficieront d'une vue sur la cathédrale, inscrite dans les plans du projet.

Le bâtiment historique s'étend sur plus de 11 000 m². Sa charpente en bois d'origine est conservée, et l'ancien escalier du musée sera mis en valeur. L'extension, créée de toutes pièces, accueillera une salle d'exposition, un auditorium, un centre de documentation, un café et des bureaux. La surface utile totale atteindra 7 200 m², avec une surface d'exposition de 3 800 m², soit le triple de ce qui existait auparavant.

Le geste architectural le plus audacieux est sans doute la faille au sol : une ouverture visible depuis l'extérieur révèle un escalier aux murs dorés qui descend vers un hall d'exposition souterrain, un amphithéâtre et un centre de documentation avec patio. En surface, la cour d'accueil en pavés accueillera un miroir d'eau, quatre sculptures et de grands châssis vitrés. À l'intérieur, sous un plafond de neuf mètres de hauteur, la billetterie sera entourée des accès à la boutique et au café.

Le financement réunit la Ville de Reims, l'État français et la région Champagne-Ardenne. Walter Gavard-Perret assure la direction de projet côté municipal, tandis que Georges Magnier, directeur des musées municipaux de Reims, supervise le volet culturel.

Ouverture en 2027 : ce que le calendrier révèle

La date de juin 2027 est désormais actée, mais elle résulte d'un retard de 13 mois sur le planning initial, qui prévoyait une réouverture fin 2025. Les fouilles archéologiques, particulièrement difficiles à anticiper sur ce site chargé d'histoire, ont considérablement perturbé le calendrier.

La restauration des ailes existantes devait s'achever fin 2024. Le bâtiment sera livré vide en décembre 2026, avant l'installation des collections et une ouverture au public cinq mois plus tard. Ce délai entre livraison et ouverture s'explique par la mise en place des 1 340 œuvres prévues dans l'exposition permanente, un travail logistique et muséographique considérable.

Pour découvrir Reims le temps d'un week-end avant la réouverture du musée, les activités, visites et sorties essentielles à Reims ne manquent pas dans ce quartier en effervescence.

ÉtapeDate
Fermeture du musée2019
Démarrage des travaux2023
Fin de restauration prévueFin 2024
Livraison du bâtiment videDécembre 2026
Ouverture au publicJuin 2027

Un nouveau parcours de visite pensé de A à Z

Le circuit sera entièrement chronologique, du XVe au XXe siècle, structuré autour des grands mouvements artistiques : peinture de paysage, Art nouveau, Art déco. La visite débutera par une galerie de sculptures rassemblant 140 pièces, dont les œuvres de René de Saint-Marceaux, sculpteur rémois et rival reconnu de Rodin en son temps. Auparavant, seule une dizaine de sculptures pouvait être exposée.

Au premier étage, les visiteurs découvriront une chambre et un séjour complets réalisés par Émile Gallé, maître-verrier et ébéniste, pour son commanditaire Henry Vasnier. Ces pièces d'exception, actuellement conservées à la villa Demoiselle, seront enfin présentées dans un cadre muséal adapté. Au second étage, une salle à manger Art déco des années 1905 sera reconstituée à l'identique grâce à un don de la famille Krug, reflet fidèle d'un intérieur bourgeois rémois.

Les collections comprennent également :

  • De la peinture française du XVIIe siècle
  • Des paysages du XIXe siècle avec Monet, Sisley, Renoir et Pissarro
  • Du mobilier Art déco
  • Les esquisses de la chapelle Foujita

240 m² seront entièrement dédiés à Léonard Foujita, peintre franco-japonais profondément attaché à Reims. Une vingtaine de supports présenteront ses toiles comme suspendues dans l'espace, avec une évocation de la chapelle Foujita et les esquisses originales ayant servi à sa décoration.

Pourquoi ce musée rénové change la donne pour le patrimoine rémois

Ce projet dépasse largement la simple rénovation d'un bâtiment. Il s'agit d'un repositionnement culturel majeur pour Reims, ville déjà dotée d'un patrimoine unique. Tripler la surface d'exposition, passer de quelques dizaines de sculptures visibles à 140, ou encore rapatrier le mobilier Gallé depuis la villa Demoiselle : chaque décision muséographique témoigne d'une ambition réelle.

La transformation numérique du territoire rémois accompagne cette dynamique culturelle. Reims et ses communes voisines, comme Bétheny, dont le déploiement de la fibre optique a transformé la connectivité locale, construisent un écosystème moderne propice à l'attractivité touristique et culturelle.

Pour les amateurs d'art comme pour les curieux de passage, juin 2027 marquera une date à retenir. D'ici là, suivre l'avancement du chantier reste en soi une expérience architecturale rare : voir naître un musée, c'est déjà comprendre ce qu'il voudra dire.

Carole

Carole

Carole est une auteure curieuse et engagée, spécialisée dans la production de contenus clairs et utiles. Elle aime explorer des sujets variés et les rendre accessibles au plus grand nombre.

Didactique et pédagogue, elle privilégie une écriture pragmatique et structurée qui guide le lecteur pas à pas. Ses billets visent à informer, éclairer et donner des outils concrets pour agir.