Karel Geraerts quitte le Stade de Reims
Samedi soir, au terme du match face à Pau, Karel Geraerts a lui-même ouvert la porte à son départ devant les journalistes. Ses mots étaient clairs : « J'ai été très heureux à Reims, mais beaucoup de choses ont été changées ces 2-3 derniers mois, c'était différent. Quand les choses ne vont pas bien, il y a des gens qui changent. » Le message, à peine voilé, sonne comme un adieu. Le technicien belge, arrivé en juin 2025 avec la mission de ramener le club en Ligue 1, ne survivra pas à cette première saison ratée en Ligue 2 — une 6e place au classement, loin des ambitions affichées.
Une séparation inévitable après une saison décevante
Le départ de Karel Geraerts du Stade de Reims devrait être officialisé dans les prochains jours. Pourtant engagé pour deux saisons, une porte de sortie sera négociée entre les deux parties. La direction champenoise ne cache plus sa désillusion : le coach belge n'a pas réussi à construire un collectif cohérent, à tirer le meilleur de son effectif, ni à infléchir le cours des rencontres dans les moments décisifs.
La confiance s'est érodée progressivement. Ce n'est pas uniquement une question de résultats bruts — la gestion du vestiaire et le management global n'ont pas convaincu. Franchement, dans ce type de situation, l'entraîneur reste le premier fusible, et Geraerts le sait mieux que quiconque. Il n'est certes pas le seul responsable de cet échec collectif, mais il ne peut pas non plus s'en exonérer totalement.
Ce scénario rappelle étrangement celui vécu par le Stade de Reims en 2017. Michel Der Zakarian avait lui aussi échoué à faire remonter le club une saison après la descente en Ligue 2, avant d'être remplacé par David Guion, qui réussira là où son prédécesseur avait buté. L'histoire, semble-t-il, bégaie en rouge et blanc.
Voici les principaux points de friction identifiés lors de cette saison :
- Incapacité à fédérer le groupe autour d'un projet de jeu collectif
- Gestion des matchs décisifs jugée insuffisante par la direction
- Perte de confiance progressive entre le staff technique et les dirigeants
- Résultats en deçà des attentes malgré un effectif construit pour la montée
Qui pour prendre la succession sur le banc rémois ?
Le Stade de Reims a déjà entamé ses recherches. Cette fois, la priorité va à un technicien rodé aux spécificités de la Ligue 2, ce championnat exigeant et souvent sous-estimé par ceux qui le découvrent. L'objectif est de ne plus reproduire l'erreur d'avoir nommé un coach qui découvrait ce niveau de compétition.
Plusieurs profils circulent. Olivier Dall'Oglio, actuellement sans club, correspond particulièrement au cahier des charges. Son parcours parle pour lui : il a notamment accompagné le Dijon FCO lors de la montée en Ligue 1 puis maintenu le club dans l'élite la saison suivante. Plus récemment, il a conduit Saint-Étienne via les barrages lors de la saison 2023-2024. Formateur dans l'âme — il a dirigé le centre de formation de Nîmes et entraîné l'équipe finaliste de la Coupe Gambardella en 2004 au Stade de France —, il possède le profil idéal pour relancer un projet sur plusieurs saisons.
Le journal L'Équipe révélait d'ailleurs, le 11 avril dernier, que des contacts avaient déjà été établis avec Dall'Oglio lors de l'intersaison précédente, avant que le choix final se porte sur Geraerts. Il ne serait donc pas une découverte pour les dirigeants champenois.
| Entraîneur | Expérience Ligue 2 | Statut actuel |
|---|---|---|
| Olivier Dall'Oglio | Dijon, Saint-Étienne (barrages) | Sans club |
| Stéphane Gilli | Montée du Paris FC en 2025 | À déterminer |
| Olivier Pantaloni | Références solides | Lorient (très courtisé) |
Pantaloni, lui, semble hors de portée malgré l'intérêt qu'il suscite. Stéphane Gilli, qui a réussi la montée du Paris FC en 2025, correspond aussi au profil recherché. Deux noms, deux philosophies variées, mais une même exigence : connaître les rouages de la deuxième division française.
David Guion, aperçu à Delaune samedi soir, ne sera pas de retour sur le banc rémois. Son nom a rapidement été écarté.
Reims face à l'urgence d'un nouveau cycle
La direction veut aller vite. Bien plus vite qu'en 2025, où Geraerts n'avait été officiellement nommé qu'à la mi-juin, dans un calendrier contraint par le barrage retour de Ligue 1 perdu face à Metz. Cette fois, pas question de répéter ce retard à l'allumage qui avait raccourci la préparation estivale.
Le recrutement du prochain coach s'inscrit dans une réflexion plus large sur le projet sportif du club. Jean-Pierre Caillot avait d'ailleurs évoqué les ambitions du club et les profils recherchés pour accompagner cette reconstruction, soulignant l'importance de miser sur des individualités capables de faire la différence.
Pour moi, la vraie question n'est pas tant le nom du successeur que la cohérence du projet global qu'on va lui suggérer. Un entraîneur, même superbe, ne peut pas grand-chose sans une direction technique stable et un recrutement ciblé. Reims a les moyens de ses ambitions — le club l'a prouvé par le passé. Reste à transformer cet été en tremplin plutôt qu'en simple replâtrage.
La saison 2026-2027 se dessine déjà comme un rendez-vous avec l'histoire pour le Stade de Reims. Rater une deuxième montée consécutive fragiliserait durablement le projet rémois, sportif comme économique. Le choix du prochain entraîneur n'est donc pas anodin — c'est peut-être la décision la plus significative que le club ait à prendre depuis plusieurs années.
Carole est une auteure curieuse et engagée, spécialisée dans la production de contenus clairs et utiles. Elle aime explorer des sujets variés et les rendre accessibles au plus grand nombre.
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