Reims Citura remplace TUR : nouveau réseau
Reims possède l'une des plus longues traditions de transport public de France. Tout commence en 1878 avec deux lignes de coches hippomobiles couvrant vingt kilomètres. Dès 1881, des tramways à traction animale les remplacent, puis l'électricité arrive en 1900. Avant 1914, le réseau exploite déjà 60 motrices et 40 remorques pour transporter plus de 3,5 millions de voyageurs par an. Depuis, le réseau rémois a traversé plusieurs révolutions, dont la plus récente porte un nom : Grand Reims Mobilités.
De TUR à CITURA : retrace l'évolution du réseau rémois
La marque TUR (Transports Urbains de Reims) naît officiellement en 1952. Un service de nuit s'ajoute dès 1954 sur les lignes A et B. En 1975, le périmètre s'étend aux six communes du district. Trois ans plus tard, les premiers bus articulés entrent en service. La livrée à damiers, conçue par une classe ayant remporté un concours interne, fait son apparition mi-1989 : bas de caisse jaune-noir, haut blanc avec un fin trait rouge, symbolisant l'arrivée du pixel et de l'informatique.
En 1990, VIA-GTI (Keolis) reprend la compagnie, créant en 1992 les lignes Citadines. L'identité visuelle évolue encore en 2002, avec une livrée dite "Champagne", dominante dorée et pourpre ancrées dans le terroir local, vin et vignobles. En 2008, le groupement concessionnaire MARS (Mobilité Agglomération Rémoise) prend le relais et délègue l'exploitation à Transdev.
Le tournant majeur arrive le 18 avril 2011, avec la mise en service du tramway de Reims sur deux lignes. Cette date marque aussi la naissance de CITURA, contraction de "Cité" et "Futur", qui remplace définitivement la marque TUR. Le réseau se dote d'un nouveau système billettique, d'un nouveau mobilier urbain et d'une livrée déclinée en neuf couleurs vives (azur, citron, écarlate, fuchsia, lavande, mandarine, pistache, turquoise et neutre), créée par le designer Ruedi Baur. Remettre un bus en couleur coûte alors 5 300 €, une opération réalisée en partie par Reims Aérospace.
En juillet 2015, un déficit de 8 millions d'euros enregistré par Transdev Reims en 2014 contraint à une restructuration réduisant l'offre de 600 000 km par an. Les tarifs augmentent en moyenne de 3,8 % : le ticket horaire passe de 1,55 € à 1,60 €, le billet journalier de 3,80 € à 4,00 €. Un tarif familial est créé. Le réseau de nuit est entièrement revu avec deux nouvelles lignes et une ligne Noctambus entre 23h et 5h du matin.
Grand Reims Mobilités remplace CITURA : ce qui change concrètement
En octobre 2023, le nom Grand Reims Mobilités est dévoilé pour succéder à CITURA, effectif au 1er janvier 2024. Ce changement rompt le contrat initial censé courir jusqu'en 2041 et confie immédiatement l'exploitation à Transdev Reims, filiale du groupe Transdev, parmi les 20 plus grands employeurs de la Marne. Catherine Vautrin, présidente du Grand Reims, a salué le vote à 91 % de ses collègues pour cette rupture, qualifiant la situation précédente de "ménage à trois qui finit toujours mal". Thierry Mallet, PDG du groupe Transdev, évoque désormais plus de liberté pour recomposer l'offre à l'échelle des 143 communes du Grand Reims.
La restructuration du 2 septembre 2024 modifie profondément le réseau. Cinq arrêts changent de nom : Albert 1er devient Léonard de Vinci, Carnot devient Opéra-Cathédrale, Boulingrin devient Schneiter, Sacy devient Baconnes, Thillois devient Champéa. Les lignes 1, 2, 3 et 5 intègrent le réseau de soirée, supprimant les lignes 30 et 40. Trois nouveaux TAD urbains voient le jour.
Puis, le 24 novembre 2025, le nouveau réseau entre pleinement en service avec un renommage complet des lignes :
| Ancien nom | Nouveau nom | Type |
|---|---|---|
| Ligne A | T1 | Tramway |
| Ligne B | T2 | Tramway |
| Ligne 3 | O1 (Orélys) | BHNS |
| Lignes urbaines | U1 à U25 | Urbaines |
| Lignes périurbaines | E1 à E7 + R | Périurbaines |
| Lignes scolaires | S1 et S2 | Scolaires |
| TAD | Z1 à Z8 | Transport à la demande |
Le réseau compte désormais 199,80 km de lignes et transporte environ 36 millions de voyageurs par an. Le tramway circule toutes les 10 minutes vers la gare SNCF Champagne-Ardenne TGV. Pour vos prochaines escapades, cette fréquence facilite grandement l'accès aux activités et visites indispensables à Reims le week-end.
Nouveaux projets et ambitions du réseau d'ici 2030
Le nouveau contrat, d'une durée de six ans, prévoit 200 km de lignes supplémentaires. Quatorze kilomètres passent par le lancement du BHNS en 2025, les 186 km restants servant à créer 7 lignes express vers Fismes, Ville-en-Tardenois, Val-de-Vesle, Bétheniville, Warmeriville, Auménancourt et Cormicy. Chaque ligne express s'accompagne d'un dispositif de transport à la demande pour rabattre les usagers des communes environnantes, avec l'objectif d'offrir une solution de transport collectif à moins d'un kilomètre pour chaque habitant.
La flotte évolue parallèlement. Actuellement, 70 % des véhicules roulent au diesel, mais le parc se transforme progressivement vers le biocarburant, le biogaz et l'électricité. Le nouveau réseau vise une hausse de 40 % de la fréquentation et une réduction de 55 % des émissions de CO2 d'ici 2030. Parmi les acquisitions récentes, 16 bus articulés électriques ont été livrés entre mai 2025 et janvier 2026.
Côté billettique, la carte Grand R sans contact reste l'outil central, disponible pour 5 €. Elle regroupe abonnements et titres occasionnels : le ticket 1h acheté dans le bus coûte 2,00 €, le carnet de 10x1h revient à 14,50 €, le ticket journée individuel à 4,50 €. Le ticket 1h par SMS ou application mobile est disponible à 1,80 € chez Orange, Bouygues, SFR et Free.
La nouvelle maison des mobilités, ouverte parvis de la gare Reims-centre, centralise désormais toutes les informations. Une agence itinérante complète ce dispositif, remplaçant la boutique rue Chanzy fermée. France Bleu Champagne 95.1 FM diffuse quotidiennement des bulletins d'information circulation. Pour ceux qui souhaitent visiter Reims au-delà des transports, le futur musée des beaux-arts de Reims et ses projets architecturaux témoignent d'une ville en pleine transformation culturelle, parfaitement abordable grâce au réseau renouvelé. La ligne U5, modifiée le 27 avril 2026 pour desservir la rue de Louvois, affiche désormais 13 minutes de parcours en heure de pointe et 18 minutes en heure creuse : un exemple concret de l'ajustement continu du réseau aux besoins réels des habitants.
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