Rodéo à Reims : perte de contrôle et blessés
La nuit du vendredi 22 mai 2026, vers 23h50, un accident grave a secoué la zone d'activités de La Neuvillette, au nord de Reims. Un conducteur a perdu le contrôle de son véhicule lors d'un rassemblement automobile sauvage, fauchant plusieurs spectateurs avant de s'encastrer dans un panneau publicitaire. Deux jours plus tard, François Schneider, procureur de la République de Reims, convoquait la presse au palais de justice pour apporter des précisions attendues sur ce dossier.
Un rassemblement sauvage tourne au drame à La Neuvillette
Ce soir-là, entre 200 et 300 personnes s'étaient réunies autour du rond-point de La Neuvillette, majoritairement des jeunes âgés de 20 à 30 ans. Ces rassemblements de tuning, organisés quasiment chaque semaine à Reims via les réseaux sociaux la veille de l'événement, se tiennent sans aucune déclaration préalable ni autorisation. Le procureur Schneider a été catégorique : « Il ne s'agit pas d'un événement festif où chacun montre sa voiture dans une ambiance bon enfant. Ce sont des rassemblements sauvages où les participants adoptent des comportements dangereux et se montrent très hostiles aux forces de l'ordre. »
Selon les témoignages recueillis et les premières constatations, une dizaine de véhicules faisaient la queue à l'entrée du rond-point pour exécuter chacun à leur tour un « drift » — un dérapage contrôlé — avant de repartir par la route empruntée à l'arrivée. L'un d'eux s'est élancé et n'a pas réussi à maîtriser sa trajectoire : il est parti tout droit, a fauché plusieurs spectateurs, puis a terminé sa course contre un panneau publicitaire.
Malgré la tension habituelle de ce type de rassemblement, le procureur a précisé que l'intervention des secours et de la police « s'est faite sans difficulté ». Quand on sait que mobiliser les forces de l'ordre face à 200 ou 300 personnes agitées relève d'une opération délicate, ce détail mérite d'être souligné.
Le bilan des victimes — des blessures qui engagent durablement l'avenir des victimes
François Schneider a qualifié le bilan de « spécialement lourd ». Si huit personnes avaient initialement été évoquées, le décompte final s'établit à six personnes directement concernées : quatre adultes blessés physiquement et deux enfants légèrement blessés. Les autres personnes, choquées par la violence de la scène, ne sont pas, à ce stade, considérées comme des victimes directes.
| Victime | Âge | État | ITT provisoire |
|---|---|---|---|
| Jeune homme | 20 ans | Grave — pied quasiment arraché, hospitalisé | 300 jours (~10 mois) |
| Jeune homme | 23 ans | Service orthopédique | 100 jours (~3,5 mois) |
| Homme | 31 ans | Hospitalisé | 150 jours (~5 mois) |
| Personne non identifiée | — | Blessure légère à la cheville, examen UMJ en attente | — |
| Deux enfants du conducteur | 4 et 7 ans | Très légèrement blessés, désormais chez leur mère | — |
La présence des deux enfants dans le véhicule au moment des faits a été confirmée grâce à un selfie publié sur les réseaux sociaux à 22h55, soit moins d'une heure avant l'accident. Le procureur a tenu à rectifier une rumeur : la mère ne se trouvait pas dans la voiture. Elle a récupéré ses enfants avant l'arrivée des secours.
Profil du prévenu et charges retenues — un palmarès judiciaire accablant
Le conducteur, initialement présenté comme âgé de 20 ans, est en réalité né en 1995 — il a donc 30 ans, et non 20. Une erreur dans sa date de naissance avait conduit à cette confusion, reprise par plusieurs médias dans les premières heures. Le procureur l'a corrigée publiquement le 24 mai.
Son casier judiciaire compte quinze condamnations, couvrant des vols, des violences conjugales, mais aussi de nombreuses infractions routières liées à l'alcool et à la conduite sans permis. Il est par ailleurs actuellement sous sursis probatoire pour des violences avec armes — sans lien avec la délinquance routière. Le soir des faits, son taux d'alcoolémie atteignait 0,64 mg par litre d'air expiré, soit près de trois fois la limite légale. Son permis de conduire était annulé par perte totale de points.
Face aux enquêteurs, il a nié tout rodéo délibéré. Il affirme avoir simplement voulu quitter les lieux parce qu'il jugeait la situation dangereuse pour ses enfants, et avoir « perdu le contrôle » en empruntant le rond-point. Les nombreuses vidéos et les témoins entendus contredisent sa version.
Les charges retenues à son encontre sont les suivantes :
- Blessures involontaires avec ITT inférieure à 90 jours (aggravées par l'état alcoolique, permis annulé, rodéo) : jusqu'à 5 ans de prison et 75 000 € d'amende
- Blessures involontaires avec ITT supérieure à 90 jours sur trois victimes (mêmes circonstances aggravantes) : jusqu'à 7 ans de prison et 100 000 € d'amende
Déféré devant le juge d'instruction le dimanche 24 mai, sa mise en examen a été confirmée en début d'après-midi, tout comme son incarcération dans l'attente du procès, dont la date n'a pas encore été communiquée. Ce type de dossier, impliquant des blessures graves, un récidiviste multirécidiviste et des circonstances aggravantes multiples, rappelle les affaires qui aboutissent devant les juridictions supérieures — à l'image des procès en appel pour coups ayant entraîné la mort, où les accusés sont rejugés après un premier jugement insuffisant aux yeux des parties.
Une chose est certaine : avec un prévenu au casier aussi chargé et des victimes dont certaines ne retrouveront pas leur mobilité avant un an, ce dossier rémois est loin d'avoir livré tous ses développements judiciaires.
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