Sara Forestier révèle son poids : pourquoi elle s'est retirée du cinéma pendant trois ans
En avril 2017, une gifle change tout. Sur le tournage de Bonhomme, film de Marion Vernoux, Sara Forestier reçoit un coup de la part de Nicolas Duvauchelle et quitte immédiatement le plateau pour se rendre au commissariat. Contrairement aux versions qui circulent alors dans les médias, c'est elle la victime. Elle le dira sans détour dans Paris Match : "En réalité, c'est moi qui me suis pris la baffe."
Quand un tournage devient le point de rupture
Ce que Sara Forestier décrit ensuite dépasse la simple altercation professionnelle. Des insomnies chroniques, des pensées suicidaires, un corps qui enregistre le choc et le traduit physiquement, notamment par des fluctuations de poids significatives. Parce que le trauma ne reste jamais dans la tête seule : il migre, il s'installe, il réorganise tout. L'actrice dénonce alors quelque chose de précis sur plusieurs plateaux télévisés : "Le trauma n'est pas pris en compte dans le cinéma... les femmes abîmées, on s'amuse à dire qu'elles sont folles." Voilà le cœur du problème, formulé avec une clarté qui tranche.
Ce courage de nommer, je le trouve rare. Pas parce que les actrices manquent de mots, mais parce que l'industrie du cinéma français a longtemps préféré l'omerta au traitement. Trois ans d'absence des plateaux : ce n'est pas un caprice, c'est une reconstruction. Lente, nécessaire, sans filet médiatique.

Le retour par le cinéma, mais autrement
Quand Sara Forestier revient, elle choisit avec soin. Trois Amies d'Emmanuel Mouret, aux côtés d'India Hair et de Camille Cottin, marque sa réapparition sur les écrans. Puis Filles de joie, un rôle qui résonne avec ce qu'elle a traversé, un personnage qui porte des blessures similaires aux siennes. "Ce rôle résonnait avec mon vécu personnel", confie-t-elle.
Sur le plateau de Quotidien et de C à vous, elle va plus loin encore : elle évoque des violences conjugales subies dans sa vie privée, en dehors de l'incident du tournage. La parole se déploie, documentée, mesurée, sans pathos inutile. Ce n'est pas une catharsis télévisuelle, c'est un témoignage politique. Et ça change tout à la façon dont on lit son silence de trois ans.
Pourquoi est-ce qu'on attend toujours qu'une femme "aille bien" pour s'y intéresser à nouveau ? Son histoire mérite d'être lue non pas comme un come-back, mais comme une démonstration que reconstruire prend du temps et que ce temps est légitime. Le poids, les absences, les choix de rôles : tout ça forme un récit cohérent, pas une série d'anecdotes disparates.
Ce que son parcours dit de l'industrie, pas seulement d'elle
Le cas de Sara Forestier n'est pas isolé. Il révèle une mécanique systémique : les actrices qui dénoncent paient le prix fort, en visibilité, en crédibilité, parfois en santé. Pointer ce mécanisme sans attendre qu'il disparaisse seul, c'est peut-être la seule posture honnête. Son retour sur les écrans ne devrait pas être célébré comme une guérison spectaculaire, mais analysé comme le signe que certaines structures doivent changer, pas seulement certaines personnes.
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À propos de l'autrice
Carole est une auteure curieuse et engagée, spécialisée dans la production de contenus clairs et utiles. Elle aime explorer des sujets variés et les rendre accessibles au plus grand nombre.
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