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Vol de canards : une famille d'accueil en détresse

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Vol de canards : une famille d'accueil en détresse

Dans la nuit du 2 au 3 mai, cinq canards et une poule ont disparu du jardin de Carole et Fabrice Morenville, famille d'accueil installée dans le quartier Saint-Anne à Reims. Pas un accident, pas une fugue animale : un vol délibéré, le deuxième en cinq mois pour ce couple qui héberge des enfants placés par l'aide sociale à l'enfance. Un nouveau coup dur, brutal et incompréhensible.

Un cambriolage de trop dans le quartier Saint-Anne

Les faits sont nets. Dans la nuit de samedi à dimanche, des individus se sont introduits dans le jardin des Morenville et ont emporté cinq canards de race "coureur indien" ainsi qu'une poule. Deux autres poules ont péri pendant la fuite — une poule qui court ne supporte pas longtemps la poursuite. Une troisième s'est cachée, épargnée par hasard. Les plumes retrouvées au sol racontent une scène chaotique.

Ce qui rend ce vol particulièrement odieux, c'est le détail des dégâts. Une cane était en train de couver douze œufs. Les voleurs les ont tous fracassés. Carole Morenville résume la chose d'un mot : "Tout dans la gentillesse." Difficile de ne pas partager son amertume.

Ce n'est pas la première fois. En novembre dernier, deux perroquets avaient été dérobés au même endroit. Des animaux dont la valeur dépasse aisément 1 000 euros pièce sur le marché, ce qui explique clairement pourquoi des voleurs s'y intéressent. Les canards coureurs indiens, eux, ne valent pas grand-chose à la revente. Carole le dit franchement — "À part les manger, qu'est-ce qu'ils en font ?" Personne ne peut répondre à ça.

Les voisins avaient subi le même sort quelques jours plus tôt. Leurs canards aussi avaient disparu. La famille avait pourtant réagi — surélévation du grillage, installation d'un système de détection de mouvement lumineux — mesure recommandée par la police après le premier vol. Rien n'a suffi. Les voleurs sont entrés quand même.

Voici ce que représentait concrètement l'élevage des Morenville au moment du vol :

AnimalNombre avant le volSituation après le vol
Canards coureurs indiens5Tous volés
Poules42 mortes, 1 cachée, 1 volée
Œufs en cours de couvaison12Tous fracassés
Perroquets (novembre)2Volés, jamais retrouvés

Des enfants de l'aide sociale à l'enfance profondément touchés

Pour comprendre pourquoi ce vol dépasse le simple préjudice matériel, il faut rappeler ce qu'étaient ces animaux pour les enfants hébergés chez les Morenville. Carole et Fabrice avaient lancé ce réduit élevage en février dernier, précisément pour offrir à ces enfants placés une expérience rare : voir des œufs éclore, observer des poussins grandir, ramasser des œufs chaque matin.

Ces enfants, confiés par les services de l'aide sociale à l'enfance, avaient suivi toute l'évolution de bout en bout — la mise en couveuse, l'attente, puis l'éclosion. Un rituel quotidien qui leur appartenait. "Tous les jours, ils nous réclament d'aller voir les animaux", raconte Carole. Ce matin-là, il n'y avait plus rien à voir.

Le témoignage de Carole Morenville est direct et sans filtre : "C'est un peu comme si la terre s'était écroulée. Les enfants ont vu l'éclosion des bébés, et maintenant ils se disent il n'y a plus la maman, plus le papa." Pour des enfants déjà confrontés à des ruptures familiales, perdre brutalement ces repères animaux n'est pas anodin. C'est une perte supplémentaire, incompréhensible à leurs yeux.

Les bébés canards nés juste avant le vol se trouvent désormais à l'intérieur de la maison. Dans environ deux mois, ils devraient pouvoir rejoindre le jardin. Mais Carole pose la question qui s'impose : "Si personne ne fait rien, ça va recommencer."

Plainte, assurance et sentiment d'abandon face à l'insécurité

Après le vol des perroquets en novembre, Carole et Fabrice avaient porté plainte. Résultat : aucune piste, aucune indemnisation. L'assurance n'a rien versé car aucune infraction n'a été officiellement constatée — les voleurs n'ont laissé aucune trace visible de leur passage. Même scénario pour les canards.

Cette fois, le couple a renoncé à déposer une nouvelle plainte. Carole pense que les voleurs sont passés par la propriété voisine. Mais l'enjeu, pour elle, dépasse maintenant le seul dossier judiciaire. Elle veut alerter :

  • Les riverains du quartier Saint-Anne à Reims
  • La ville de Reims dans son ensemble
  • Les élus locaux, en particulier la mairie

"On se retrouve, à force, dans une insécurité qui se met en place et on ne dort plus de la même façon", dit-elle. Ce sentiment de vulnérabilité progressive, installé sur cinq mois de vols répétés, touche désormais toute la rue. Les faits des Morenville ne sont pas isolés — les voisins aussi ont subi des pertes.

Le contexte de sécurité dans certains quartiers urbains peut générer des situations de détresse bien au-delà du seul foyer concerné. On pense notamment aux jeunes personnes vulnérables signalées disparues en Champagne-Ardenne, autre signe que les alertes citoyennes méritent d'être prises au sérieux rapidement.

Carole Morenville ne lâche pas prise. Elle tente même de dédramatiser avec humour — "On va faire famille d'accueil pour les canards maintenant !" — mais la fatigue est là. Deux vols en cinq mois, des enfants déstabilisés, des assurances muettes et des plaintes sans suite : franchement, il y a de quoi perdre confiance dans les filets de protection censés exister.

Carole

Carole

Carole est une auteure curieuse et engagée, spécialisée dans la production de contenus clairs et utiles. Elle aime explorer des sujets variés et les rendre accessibles au plus grand nombre.

Didactique et pédagogue, elle privilégie une écriture pragmatique et structurée qui guide le lecteur pas à pas. Ses billets visent à informer, éclairer et donner des outils concrets pour agir.